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KASIGISI
  1. Les ingrédients
  2. Les outils
  3. Le procédé de fabrication
  4. Les dérivés du KASIGISI
Kasigisi, le vin des bashi

Au bushi, si la vache est le ciment de l’économie, la boisson traditionnelle est le ciment de la société. Le KASIGISI est une boisson, normalement alcoolisée, faite à base de jus de banane qui est très rependue au bushi et dans toute la zone aux alentours.

Ici, nous allons essayer de la décortiquer et en donner la recette.

  1. MIJOCO -> MINEKE
    L'ingrédient principal

    MIJOCO :

    Les bananes vertes sont placées à maturité suivant les procédés décrits dans la suite de la présente page.

    MINEKE :

    Ce sont les bananes arrivées à maturité après plusieurs jours dans un endroit chaud et sec.

    Quelles bananes au juste ? :

    Il existe au bushi plusieurs sortes de bananes, mais toutes ne peuvent produire le KASIGISI. Il y a seulement 2 ou 3 espèces de bananes qui sont utilisées. En général, ce sont en même temps des bananes qui ne sont pas bons à être consommés autrement que comme cela.

    KURHALIKA

    Le processus de mûrissement par suspension.

    Les régimes sont suspendus dans un espace chaud, souvent dans un grenier traditionnel au-dessus du foyer.

    LURHALO

    La claie placée au-dessus du feu de cuisine.

    Support où l’on place les bananes pour les mûrir grâce à la chaleur de la cuisine.

    C’est l’origine étymologique du verbe Kurhalika (mettre sur le Lurhalo).

    KURHINDIKA

    Le mûrissement par enfouissement dans le sol

    Méthode alternative où les bananes sont placées dans une fosse isolée par de l’herbe.

    LWINA ou NDIBA

    La fosse d’enfouissement pour faire mûrir les bananes.

    Trou aménagé pour le mûrissement Kurhindika, isolé du sol par une couche épaisse d’herbes.



  2. MAHEMBA
    Le sorgho comme ferment

    Sorgho légèrement grillé.

    MPERERO :

    dans certaines contrées, le sorgho est appelé MAHEMBA mais lorsqu’il va servir à produire le fufu et est MPERERO lorsqu’il sert pour le KASIGISI.

    MUJIMBI:

    Dérivé du sorgho une fois grillé et pillé qui va servir de ferment.

    MULOLO:

    Le ferment obtenu à partir du sorgho grillé et écrasé.

    C’est l'agent de fermentation ajouté au jus de banane au moment opportun.



  3. Les outils

    MUKENZI:

    Le récipient en forme de pirogue sculpté dans un tronc d’arbre.

    Il sert pour le brassage, le stockage lors de la fermentation.

    BUKERE:

    La paille propre utilisée dans l’écrasement.

    Mélangée aux bananes, elle facilite le brassage et empêche l’agglomération.

    LUSHO:

    La pierre pour écraser le sorgho

    KABEHE:

    Le pichet en bois utilisé pour boire le KASIGISI.

    Un seul pichet circule entre tous les buveurs : le KASIGISI se boit en communauté (voir l’article sur KUDUMBA)

    KABINDI:

    Cruche pour le stockage après que le vin soit tiré.

    Peut aussi servir à garder l’eau au frais.

    MUSIHO:

    La paille utilisée comme chalumeau pour goûter le vin.

    Permet de goûter le jus sans ouvrir entièrement le récipient. Mais il sert aussi à boire à tour de rôle sans soulever la Kabehe.

    CIREMBE:

    Calebasse qui peut servir à conserver et même à consomme r le KASIGISI.



  4. Les procédés de fabrication

    KUKANDA (écrasement des bananes)

    L’ordre des opérations.

    • Les bananes mûres sont écrasées à mains nues.
    • Une pratique importée du Rwanda consiste à les écraser avec les pieds.
    • La paille (BUKERE) est ajoutée en même temps pour faciliter le brassage.
    • Le jus est ensuite séparé des résidus solides.

    On obtient alors le MURHOBO (jus filtré).

    On ajoute ensuite :

    • de l’eau (selon le produit désiré),
    • ainsi que le MULOLO (ferment),
    • puis on ferme hermétiquement le MUKENZI pour assurer conservation de la chaleur nécessaire à la fermentation.

    KURHALIKA ou KURHINDIKA

    Le MUKENZI contenant toute la préparation est isolé (généralement enterré mais avec une isolation thermique comme pour le processus dans le LWINA décrit ci-haut).

    Ce procédé est généralement appelé KURHALIKA, comme pour les bananes, même si l’opération se passe dans un trou. Même si c’est formellement KURHINDIKA.

    La fermentation prend quelques jours.

    • Entre 2 et 3 jours selon le produit souhaité. Parfois plus pour certains produits.
    • Le récipient doit rester bien chaud et isolé.
    • Une mauvaise isolation entraîne l’échec et donc une mauvaise qualité.

    KUHONGOLA

    A la fin du temps, et après avoir enfoncé quelques MUSIHO (paille) pour gouter le vin. C’est le temps de tirer le vin pour qu’il soit bu.

    En général, comme le KASIGISI peut s’abimer rapidement, avant même de tirer le vin, le propriétaire s’assure que les consommateurs soient informés d’avance du jour. Et c’est là que les doumbeurs (ce mot doit être en français), les gens qui savent prospecter les lieux où il y a le KASIGISI entrent en jeu.



  5. Kasigisi et ses dérivés

    MURHOBO

    Jus de banane filtré. Selon la qualité voulue, il peut être consommé avant ou après l’ajout de l'eau.

    MAGANULA

    Jus de banane de 2e tirage obtenu après avoir tiré le 1er murhobo et après l’ajout de l’eau juste avant d’ajouter le ferment.

    Le mot est aussi utilisé pour désigner le jus de banane de mauvaise qualité lorsqu’on considère qu’il y a eu excès d’eau.

    BIRHENDE

    Mélange des résidus et de la paille après filtrage du jus. Les enfants en raffolent car ils le mettent dans la bouche pour presser directement le dernier jus avant de cracher le reste.

    CIBABE

    Jus après 1 jour de fermentation. Il n’est pas encore alcoolisé, mais il a déjà le goût du KASIGISI. Il y a des personnes qui le préfèrent. C’est un peu le kasigisi sans alcool du bushi.

    KASIGISI ou KASIGISI

    Vin de banane après 2–3 jours de fermentation.

    Produit alcolisé principal du Bushi.

    Selon sa composition ou sa localisation, il peut changer de nom :

    • MUKANANA,
    • BUTUNDA produit dans les localités de la région de Ciherano et Mushinga.
    • BWINA, Butunda provenant de l’île de Idjwi.
    • NTOLE, Une variante du BUTUNDA non localisé.
    • KABAMBA, KASIGISI ordinaire produit dans la région de KABAMBA, mais appelé ainsi principalement en ville (Bukavu).
    • RUGWAGWA ou URWAGWA, kasigisi provenant du Rwanda et de l'Ouganda.

    BUTUNDA

    C’est du KASIGISI non dilué (sans ajout d'eau)

    Très sucré et fortement alcoolisé.

    NKALISHI ou NKALA

    C’est du KASIGISI raté au goût aigre.

    Causes possibles :

    • mauvaise qualité des bananes,
    • ferment inefficace,
    • mauvaise isolation thermique
    • mauvaise main de quelqu’un parmi les membres de l’équipe qui a travaillé (ceci n’est pas à comprendre rationnellement)

    NSHALALA

    Ce sont les glumes et glumelles qui flottent au-dessus de la boisson. Dans le MUKENZI comme dans le KABEHE au moment de boire. C’est pourquoi le buveur doit souffler un peu avant de mettre sa bouche au récipient. On utilise la paille MUSIHO quand on ne veut pas être géné par ces glumes. En même temps, sans ces NSHALALA, le KASIGISI ne serait authentique.

    NKUNZI

    C’est la lie du fond du MUKENZI.

    Très alcoolisée, mais chargée en fragments de sorgho. Sert généralement d’aliment pour certains animaux domestiques.




Ebauche préparée par Marius Nshombo
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